Sandales, pas de route pavée

Les sandales avec la jupe ?

Il fait toujours chaud et je me suis enfin décidé à profiter des soldes d’été pour acheter des sandales. Je n’habite pas une région particulièrement réputée pour son climat (enfin pas dans le bon sens), mais force est de constater, qu’avec l’été, les vitrines des marchands de chaussures sont remplies de chaussures ouvertes !

Une quête ardue :

Oui mais voilà, elles sont pour ces dames. Nous, les hommes, n’avons le droit qu’à des chaussures fermées. Vive l’hygiène de nos pieds ! Bon, j’admets être mauvaise langue, il y a bien quelques modèles, mais assez mastocs et peu élégants (et chers !) ; c’est étonnant, quand on voit la finesse de certaines chaussures de ville, le raffinement de certaines baskets… de constater que les sandales pour homme sont cantonnées à la laideur. Cachez ces affreux petons que je ne saurais voir ! Évidemment, rien de tel pour nos amies les femmes (et tant mieux pour elles).

Alors, j’ai décidé de taper dans leur rayon ! Et là aussi, c’est assez difficile. Déjà, il faut trouver ma pointure. Mais avant tout, un modèle qui convienne, c’est-à-dire qui ne soit pas vraiment féminin, ni dans le dessin, ni dans les matériaux. Exit donc les talons, passés de modes dans notre vestiaire depuis un bonne partie du XIX° siècle. Il reste donc à trouver un modèle à semelle plate, sans strass ni paillette ou dorure un peu trop connotées. De toute façon, j’aime les choses simples !

Le Graal :

sandales 1Après une première après-midi infructueuse, j’ai finalement trouvé la paire de perles rares, au fond d’une petite boutique, lors d’une deuxième et ardie tentative. Cette paire de tropéziènes à ascendance spartiate m’attendait donc sagement et l’une des vendeuses m’a avoué que son magasin avait fait l’impasse sur les sandales homme cette saison ; s’ils avaient été les seuls…

Ce sont donc des sandales fines comme je le voulais, mais qui me rappellent celles que pouvaient porter les guerriers romains. Même si j’ai eu un peu peur que les lacets en cuir fassent féminin, j’ai trouvé qu’ils faisaient un clin d’oeil aux ghillie brogues, portées usuellement avec le kilt. En effet, ils sont longs et disposés de la même façon que ceux de ces chaussures traditionnelles. Enfin, la couleur marron clair, presque fauve, me parait bien appropriée à l’été, suffisamment neutre et facile à associer à d’autres, ce qui permet de les porter avec un large choix de vêtements.

La première fois que j’ai chaussé cette paire de sandales, j’ai eu toutefois un doute. Je n’étais pas habitué à porter ce type de chaussures car découvrir mes pieds est une grande nouveauté, presque une petite révolution. Mais je dois reconnaître que personne ne m’a fait la remarque que je portais des chaussures de femme. Mieux ! une personne de mon entourage, qui les trouvait jolies, a été étonnée de savoir qu’elles étaient destinées à la gente féminine ! Je vous laisse d’ailleurs juger sur pièce, avant de vous proposer une tenue les intégrant (dans un prochain article).

sandales 2

Qu’en pensez-vous ? Trop féminin ou parfaitement adapté ?

Un pis-aller

J’ai toutefois conscience qu’il s’agit d’un pis-aller. Malheureusement tout le monde ne peut pas taper dans le rayon femme car les pointures vont rarement au-delà du 41 avec, rareté de la clientèle pour ces mensurations éléphantesques oblige, un choix réduit. Il reste Internet mais le choix reste limité ; je n’ai vu qu’un modèle montant et les prix restent assez élevés ; mais le choix reste sans comparaison avec celui offert par les magasins de ma ville.

De façon générale, le problème vient des conceptions de la mode masculine, qui impose à l’homme de ne point se découvrir alors que la femme y est encouragée. On le constate pour les jambes (comme en témoigne le combat d’employés pour pouvoir porter le bermuda en cas de pics de températures élevées), c’est la même chose pour les pieds. Plus qu’un problème d’égalité, c’est un manque de bon sens ! Car un corps bien aéré, c’est un corps respecté qui reste en bonne santé (moins de soucis à cause de la transpiration) et, surtout, un travailleur à l’aise donc qui garde sa productivité.

Quand allons-nous comprendre vraiment cela ? Quand allons-nous comprendre, qu’outre limiter le réchauffement climatique, il faut également s’adapter à celui que nous subirons ? C’est à nous, simples citoyens, de faire ce pas-là massivement, pour que cette révolution pacifique soit mise en oeuvre. À vos jupes, bermudas et sandales !