Kilt à motif militaire

Premier kilt de conception personnelle

L’été ayant été très chargé, je n’ai pas eu le temps de présenter ma seule et unique réalisation de la saison : un kilt en tissu à motifs militaires !

L’objet du délit

Cette jupe est inspirée du kilt cover que portaient certains régiments écossais durant la 1° Guerre Mondiale. Il est réalisé dans un tissu léger décoré d’un motif camouflage désertique. Pour l’intérieur des plis creux et le soufflet de la poche, j’ai préféré intégrer un tissu noir, afin de casser l’aspect militaire du vêtement et lui donner un côté plus civil et contestataire. Petite fantaisie : comme il me restait un peu de passepoil rouge, j’ai décidé de le fixer sur le rabat de la poche pour donner une touche de couleur vive à l’ensemble. Dans la même idée, toutes les surpiqûres sont réalisées avec du fil rouge.

kilt militaire 3La poche possède un compartiment intérieur, qui permet de séparer le contenu en deux. L’idée m’est venue d’un échec. En effet, la première poche que j’avais dessinée s’est avérée trop petite une fois montée. J’aurais pu la laisser de côté, mais j’ai choisi de l’utiliser quand même. Au final, elle s’avère pratique pour ranger des objets peu encombrants de façon discrète et pratique : pas besoin de les sortir pour farfouiller plus librement au fond de la poche, comme c’est malheureusement parfois le cas dans un sporran.

Avec l’expérience, je vais devoir apporter quelques modifications, notamment introduire deux passants de ceinture à l’arrière. Dès la confection, j’avais pour projet de les installer, mais le temps m’a manqué pour les réaliser. La ceinture doit de toute façon être reprise car cousue dans la précipitation. Mais ce modèle a déjà fait son effet puisque deux femmes l’ont trouvé très joli !

Quelques exemples de tenues :

J’ai rapidement pensé à marier cette jupe avec mes sandales récemment achetées et une ceinture inspirée des ceinturons militaires (Mle 1903/14 et 1945 de l’armée française), ces deux éléments ayant un certain côté martial ; les sandales apportent également une touche de finesse. J’ai complété ce premier ensemble avec une chemisette jaune pâle et col pelle à tarte très rétro (années 1930 à 70). Dans un autre ensemble assez semblable, j’ai opté pour une chemisette beige inspirée des modèles de l’armée américaine et ai remplacé la ceinture en cuir par une autre plus fine en textile élastique. Ces deux ensembles marient donc éléments inspirés des vestiaires militaire et civil, comme ce kilt.

Ils restent assez sages, dans le sens où les couleurs des autres pièces sont proches de celles de la jupe. Il est cependant possible de faire plus hardi et donner dans la fantaisie. Mais comme dans les exemples précédents, il faut que les pièces se répondent les unes aux autres comme un orchestre parfaitement accordé, pour éviter toute cacophonie.

kilt militaire 5Le troisième ensemble que je vous propose fait cependant également appel à une pièce civile qui reprend des éléments militaires : un polo Aeronautica Militare. Ce type de vêtement apporte une touche plus sportive à la tenue et donc permet d’introduire des baskets (que j’avais besoin de chausser). Cet ensemble est donc plus bigarré que les précédents. Les couleurs de la pièce du haut, se retrouvent au niveau des pieds avec les chaussures et les chaussettes, ce qui permet de créer une harmonie. Même, le noir du kilt est rappelé par la sacoche (elle aussi dérivée d’un modèle militaire). Mais je rappelle que jouer avec autant de couleur est assez périlleux, ce doit d’ailleurs être la première fois que j’en porte autant.

Conclusion

Cette seconde création entièrement de mes mains (après le hakama) m’a permis de franchir une étape. En effet, ce vêtement était plus complexe à réaliser que le précédent, à cause des deux tissus utilisés, mais aussi parce que j’ai introduit des coutures rabattues et le poche à soufflet. Je me sens maintenant mieux armé pour confectionner d’autres jupes et notamment le kilt en jean que j’ai en projet depuis bien longtemps. La fabrication personnelle reste une alternative pour disposer de jupes variées à prix modique, même si elle demande un certain investissement personnel (voire financier) ; mais le jeu en vaut la chandelle.

Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle jupe ? des tenues proposées ? Quelle autre alternative voyez-vous ?

 

Histoire du kilt

L’histoire du kilt, un vêtement ancien qui traverse les temps

La genèse du kilt est plutôt controversée. J’ai trouvé deux sources différentes :

  • Mes premières recherches parlaient du great kilt, porté au XVI° siècle. C’était une grande pièce de tissus (5 à 6 m de long) qui servait d’habit le jour et couverture la nuit. Le porteur l’étendait au sol, par-dessus une ceinture, puis repliait le centre jusqu’à apparition de l’extrémité de la ceinture. Il s’allongeait ensuite sur les plis et repliait les deux bords qui étaient maintenus à la taille par la ceinture. La partie haute était ensuite ramenée devant et fixée par une broche ou laissé pendante.
  • D’autres sources parlent d’une origine normàn du kilt, même si les vikings adoptèrent le plaid, ils donnèrent le nom de leur jupe à ce vêtement. Mais cela est controversé. Il faut garder à l’esprit que la tunique, parfois portée avec des braies ou des chausses, fut le vêtement de base des européens de l’Antiquité jusqu’à la fin du Moyen-Âge.
great kilt
Reconstituteurs défilant en Great kilt.

À la fin du XVII° siècle ou au début du XVIII°, le kilt moderne naquit par suppression de la partie supérieure. J’ai aussi lu que la jupe devint légèrement plus courte. Pourquoi ? apparemment pour faciliter le travail de fabriquants de charbon écossais : le great kilt était inapproprié à cette activité. Mais en 1746, le roi d’Angleterre George II fit interdire toutes les particularités vestimentaires des Highlands ! Le Dress Act resta en vigueur jusqu’en 1781, ce qui fut une période suffisante pour que l’on perde le savoir-faire des tartans !

Bien qu’il continuait à être porté sous le Dress Act en signe de protestation, ce n’est qu’à partir de 1782, avec son retour en grâce, que le kilt commença à être popularisé dans toute l’Écosse, avec la création de nouveaux tartans, puis dans le monde celtique, en commençant par celui sous influence britannique. Mais, avec les révolutions industrielles, il fut peu à peu remplacé par le pantalon, plus facile et moins cher à produire, comme tenue quotidienne.

kilt musiciens
Musiciens d’une troupe de reconstitution de l’armée écossaise en tenue de parade.

Depuis la fin du XVII° siècle, ce vêtement était également porté par les régiments écossais du Commonwealth jusqu’au début de la seconde Guerre Mondiale, année durant laquelle il fut remplacé par le pantalon (1937 pattern) moins cher et bien plus pratique pour la guerre moderne. En effet, durant la première guerre mondiale, le kilt s’était montré peu avantageux pour franchir les réseaux de barbelés, dans lesquels il s’accrochait plus volontiers que les pantalons ; en outre, il était incompatible avec les équipements de protection contre certains gaz de combat. Aujourd’hui, le kilt n’est porté par les militaires qu’en des occasions bien précises.

kilt soldat
Défilé de reconstituteurs en soldats écossais des 1° (1° plan) et 2° (2° plan) guerres mondiales. Certains portent le kilt apron, d’autres le kilt cover. Les soldats de la 2° guerre mondiale n’ont pas ces accessoires car le kilt disparut rapidement de la tenue de combat.

Aujourd’hui, le kilt opère un timide retour, soit sous sa forme traditionnelle, soit sous une forme modernisée. Il reste un vêtement onéreux et perçu comme folklorique ou extravagant hors de l’Écosse mais il séduit les personnes en quête de nouveauté et d’originalité dans leur penderie ou qui apprécient simplement le confort de ce vêtement.