Virilité

Ma virilité, la jupe et la société

Nous sommes lundi 4 décembre. Grâce au site de l’association Hommes en Jupe, je découvre un pod cast de France Culture, consacré au mythe de la virilité.

Si je résume la pensée de la philosophe interrogée, la virilité c’est une construction des mâles humains dans laquelle, ils ont enfermé les individus de notre espèce. Cette conception a développé des attentes vis à vis de l’homme et d’autres de la femme. Les femmes ont réussi à briser une partie de ce carcan, mais pas les hommes. Et aujourd’hui, ce sont eux qui en souffrent le plus, malgré les inégalités persistantes envers les femmes. Lire la suite

Blues de la jupe

Le blues soigné par la jupe bleue

Pour la petite histoire :

cavalier 3Températures fraîches. J’ai eu froid en kilt samedi. Dimanche, en jupe longue, ça allait mieux. Aujourd’hui j’ai envie de mettre un pantalon. Diantre ce que rentrer dedans m’est déplaisant ! Aucun plaisir à le porter, mais ça correspond au look que j’ai envie d’avoir aujourd’hui. Je sors, c’est agréable. Je rentre. Rapidement mes hautes chaussettes me tiennent trop chaud aux mollets. Je décide donc finalement de mettre mon néo-kilt bleu pour être plus à l’aise. Lire la suite

Sandales, pas de route pavée

Les sandales avec la jupe ?

Il fait toujours chaud et je me suis enfin décidé à profiter des soldes d’été pour acheter des sandales. Je n’habite pas une région particulièrement réputée pour son climat (enfin pas dans le bon sens), mais force est de constater, qu’avec l’été, les vitrines des marchands de chaussures sont remplies de chaussures ouvertes !

Une quête ardue :

Oui mais voilà, elles sont pour ces dames. Nous, les hommes, n’avons le droit qu’à des chaussures fermées. Vive l’hygiène de nos pieds ! Bon, j’admets être mauvaise langue, il y a bien quelques modèles, mais assez mastocs et peu élégants (et chers !) ; c’est étonnant, quand on voit la finesse de certaines chaussures de ville, le raffinement de certaines baskets… de constater que les sandales pour homme sont cantonnées à la laideur. Cachez ces affreux petons que je ne saurais voir ! Évidemment, rien de tel pour nos amies les femmes (et tant mieux pour elles).

Alors, j’ai décidé de taper dans leur rayon ! Et là aussi, c’est assez difficile. Déjà, il faut trouver ma pointure. Mais avant tout, un modèle qui convienne, c’est-à-dire qui ne soit pas vraiment féminin, ni dans le dessin, ni dans les matériaux. Exit donc les talons, passés de modes dans notre vestiaire depuis un bonne partie du XIX° siècle. Il reste donc à trouver un modèle à semelle plate, sans strass ni paillette ou dorure un peu trop connotées. De toute façon, j’aime les choses simples !

Le Graal :

sandales 1Après une première après-midi infructueuse, j’ai finalement trouvé la paire de perles rares, au fond d’une petite boutique, lors d’une deuxième et ardie tentative. Cette paire de tropéziènes à ascendance spartiate m’attendait donc sagement et l’une des vendeuses m’a avoué que son magasin avait fait l’impasse sur les sandales homme cette saison ; s’ils avaient été les seuls…

Ce sont donc des sandales fines comme je le voulais, mais qui me rappellent celles que pouvaient porter les guerriers romains. Même si j’ai eu un peu peur que les lacets en cuir fassent féminin, j’ai trouvé qu’ils faisaient un clin d’oeil aux ghillie brogues, portées usuellement avec le kilt. En effet, ils sont longs et disposés de la même façon que ceux de ces chaussures traditionnelles. Enfin, la couleur marron clair, presque fauve, me parait bien appropriée à l’été, suffisamment neutre et facile à associer à d’autres, ce qui permet de les porter avec un large choix de vêtements.

La première fois que j’ai chaussé cette paire de sandales, j’ai eu toutefois un doute. Je n’étais pas habitué à porter ce type de chaussures car découvrir mes pieds est une grande nouveauté, presque une petite révolution. Mais je dois reconnaître que personne ne m’a fait la remarque que je portais des chaussures de femme. Mieux ! une personne de mon entourage, qui les trouvait jolies, a été étonnée de savoir qu’elles étaient destinées à la gente féminine ! Je vous laisse d’ailleurs juger sur pièce, avant de vous proposer une tenue les intégrant (dans un prochain article).

sandales 2

Qu’en pensez-vous ? Trop féminin ou parfaitement adapté ?

Un pis-aller

J’ai toutefois conscience qu’il s’agit d’un pis-aller. Malheureusement tout le monde ne peut pas taper dans le rayon femme car les pointures vont rarement au-delà du 41 avec, rareté de la clientèle pour ces mensurations éléphantesques oblige, un choix réduit. Il reste Internet mais le choix reste limité ; je n’ai vu qu’un modèle montant et les prix restent assez élevés ; mais le choix reste sans comparaison avec celui offert par les magasins de ma ville.

De façon générale, le problème vient des conceptions de la mode masculine, qui impose à l’homme de ne point se découvrir alors que la femme y est encouragée. On le constate pour les jambes (comme en témoigne le combat d’employés pour pouvoir porter le bermuda en cas de pics de températures élevées), c’est la même chose pour les pieds. Plus qu’un problème d’égalité, c’est un manque de bon sens ! Car un corps bien aéré, c’est un corps respecté qui reste en bonne santé (moins de soucis à cause de la transpiration) et, surtout, un travailleur à l’aise donc qui garde sa productivité.

Quand allons-nous comprendre vraiment cela ? Quand allons-nous comprendre, qu’outre limiter le réchauffement climatique, il faut également s’adapter à celui que nous subirons ? C’est à nous, simples citoyens, de faire ce pas-là massivement, pour que cette révolution pacifique soit mise en oeuvre. À vos jupes, bermudas et sandales !

Jupe et protestation

La jupe comme moyen de protestation

Ce matin, j’entends à la radio que des conducteurs de bus de Nantes ont mis la jupe hier, pour protester contre le règlement de leur entreprise, qui leur interdit les shorts, bermudas et pantacourts. Pourquoi la jupe ? tout simplement parce que c’est un vêtement autorisé par le dit règlement. Il est d’ailleurs étonnant de constater que cette action se déroule dans la ville qui a vu se dérouler la première journée de la jupe en 2014. Mais ce n’est pas la première en son genre. Lire la suite

Courage véhiculé

Du courage transmis par la locomotion automobile

J’avais déjà remarqué que la voiture changeait le comportement des gens. Ainsi, même des personnes courtoises et sympathiques deviennent de parfaits connards quand on leur met un volant entre les pattes. Il s’agit là, bien sûr de comportements routiers. Mais l’automobile peut conférer un autre sentiment d’impunité. Lire la suite

Centre d’attention

Le centre de toutes les attentions

Jeudi dernier, il faisait beau, il faisait chaud, un temps idéal pour sortir en jupe. Et bizarrement, pour ne pas passer inaperçu pareillement vêtu. Comme si, tout d’un coup, un simple vêtement modifiait le champ d’attraction visuel à lui tout seul, comme un trou noir attire inexorablement la matière qui passe à proximité de lui. Pour vous donner un exemple du pouvoir d’attraction de mon kilt Lire la suite

Fête des mères

Édit du 18/06/2017 : ajout des sources des illustrations, qui ne m’appartiennent pas et ne sont placées ici que pour illustration.

La fête des mères, fête de Vichy ?

Lorsque j’ai appelé ma mère ce dimanche, j’ai eu le droit à la question : « tu célèbres une fête vichyste ? » Et pourtant non, la fête des mères que nous célébrons actuellement n’a rien de vichyste. Lire la suite

Témoignages de jupe au travail

Des témoignages sur la jupe au travail

Certains d’entre-vous n’ont sans doute pas loupé la frénésie médiatique autour d’un article du Parisien/Aujourd’hui en France. Parce que les média ne s’intéressent qu’à un cas isolé, l’association HEJ a donc publié les témoignages de deux autres hommes ayant porté la jupe sur leur lieu de travail Lire la suite

Journée de la femme

La journée de la femme, quel intérêt ?

Une histoire sans fin ?

J’avais déjà évoqué l'(in)utilité de la journée de la femme dans certains esprits l’an dernier. Force est de constater que cette journée est revenue et que l’on reparle des mêmes sujets :

  • l’inégalité homme-femme au travail et dans la société ;
  • l’imparité en politique et dans les organes décisionnaires en général ;
  • les violences faites aux femmes.

Oui, les femmes en France ont un statut privilégié par rapport à celles d’autres pays ; mais ça ne veut pas dire qu’il faille s’arrêter en si bon chemin ! D’ailleurs ce qu’elles ont acquis peut très bien leur être retiré. On l’a vu récemment en Pologne, lorsque le gouvernement a voulu restreindre très drastiquement les conditions de l’IVG déjà très très très encadrée (en fait ça virait à la quasi-interdiction, assortie d’une criminalisation de l’acte) ou celles de l’accès à la pilule du lendemain, enfreignant au passage la réglementation européenne ! Sans aller chercher dans un petit pays du fin fond des pays de l’Est, nous avons en France la polémique sur le voile, un récent reportage de France 2 sur l’exclusion des femmes de cafés dans certains quartiers (oui, on aime stigmatiser, en France) ou encore le retour en force de certaines sensibilités conservatrices ; pour résumer les extrémismes religieux viennent remettre en question les droits des françaises et l’évolution de notre société vers une plus grande égalité entre les sexes.

Lutte des sexes

Restreigant l’écoute des grands médias, je n’ai pas eu encore accès aux lamentations maccho argant que oui, les femmes ont beaucoup de droits, que ça suffit bien comme ça et que pourquoi on ne parle que des violences qui leur sont faites et pas de celles qu’elles nous font subir ! C’est vrai qu’avec la parité, il y aura moins de place pour les hommes puisqu’on ne va pas nécessairement agrandir les institutions pour qu’elles accueillent plus de monde, ni en faire entrer plus (un siège pour deux à l’Assemblé Nationale ? vu le taux de remplissage à certaines séances, c’est peut-être jouable…). C’est vrai qu’il y a des hommes violentés par leur conjointe et que c’est sans doute plus difficile d’en parler puisque les valeurs sont alors inversées ; mais il faut comparer les pourcentages, étudier l’impact de la place de chacun dans la société… Il y aura toujours des conjoint(e)s violent(e)s, mais tant que les femmes seront plus victimes de ce phénomène, il sera logique d’en parler plus (mais ce n’est pas une raison pour passer le reste sous silence).

Cheerful business coach explaining strategy
Une vision du monde du travail assez égalitaire, même si la représentation de chacun reste très stéréotypée. Au moins y voit-on que les femmes y ont une vraie place ! (Freepik)

Il est aussi grand temps d’arrêter de penser le combat pour l’égalité homme-femme comme un combat des femmes opprimées contre les hommes oppresseurs ! Je ne dit pas que ces situations n’existent pas (une récente affaire à délier les langues sur le sexisme de nos élus), je dis juste que l’égalité homme-femme doit se construire par les femmes et par les hommes et consiste entre autres à :

  • Accepter qu’une femme puisse être aussi compétente qu’un homme pour diriger ;
  • Arrêter d’utiliser le corps de la femme comme appareil de séduction ou d’appel pour tout et n’importe quoi.

Lorsque je porte la jupe, je revendique une liberté vestimentaire que les hommes n’ont pas dans notre société, donc un droit nouveau pour nous. Mais je ne m’oppose pas aux femmes. Même si certaines peuvent être contre le port de la jupe par les hommes, elles pourront toujours porter ce vêtement si ça les chante et aimer un homme qui ne le porte pas. De même la parité n’empêchera pas des hommes d’être candidats, elle oblige juste à mettre plus en avant les femmes ; et il reste du chemin à parcourir, comme on a pu le voir aux dernières primaires de la Gauche et de la Droite. Évidemment, ces combats vont plus loin puisqu’ils sont également une lutte contre les stéréotypes féminins et masculins : la femme en jupe/l’homme en pantalon et la femme au foyer/l’homme au travail.

Lutte contre les stéréotypes

Et finalement, n’est-ce pas par là que nous devrions commencer ? Arrêter de présenter toutes les petites filles avec des cheveux longs et des jupes/robes, en train de jouer à la poupée ou à la dinette. Pourquoi un garçon n’aurait-il pas les cheveux longs et/ou une jupe ? Pourquoi ne jouerait-il pas à la poupée ou à la dinette ? La cuisine est traditionnellement réservée aux femmes, pourtant la plupart des grands chefs étoilés sont des hommes ! Surpenant, non ? Évidemment, les stéréotypes ne s’en vont pas comme cela et il faut légiférer pour créer une situation qui aidera à leur effacement : par exemple, introduire la parité dans les organes de décision, ou interdire la différenciation des pages des catalogues de jouet pour désigner de facto un public cible (même si certaines enseignes n’ont pas attendu, comme U)…

Il faut en effet que l’enfant puisse choisir le jouet en fonction de ces envies et non d’une orientation choisie par la société. Je n’ai jamais eu de Playmobil® de la collection Belle Époque (Spielwelt 1900, en VO) parce que ma mère m’avait dit que c’était pour les filles. Pourtant quand j’étais gamin j’aimais bien leurs tenues et, plus tard, j’ai trouvé que ça aurait été bien pour aller avec mes cow-boys. Mais qu’est-ce qui en faisait des jouets de fille ? La couleur rose de la boîte (les autres étaient bleues) et sans doute le côté plus citadins/bourgeoisie voire une plus grande représentation des femmes et de la famille !

3089668655_1_3_qpafneis
Du rose, une gouvernante qui s’occupe des enfants, c’est pas pour les bonhommes, ça ! (boble-playmobil-archive)

Pourtant, si on veut que les pères de familles s’occupent davantage de leurs enfants, ne doit-on pas laisser librement nos garçons jouer à la poupée, avec ou sans copine ? Et pourquoi serait-ce toujours le garçon qui vend et la fille qui achète (pourtant ça s’appelle jouer à la marchande !) ? Ne doit-on pas apprendre dès le plus jeune âge qu’il n’y a pas de jeu, qui ne sont que des répétitions des actes des adultes, dédiés aux garçons et d’autres au filles ? Si nos enfants sont habitués à ce qu’il n’y ait pas de différences de jeu entre eux, ils accepteront plus facilement qu’il n’y a pas de différence de tâche à l’âge adulte et que le sexe ne fait pas la (in)compétence. Mais pour cela, il faut également qu’ils voient cela dans le monde des adultes, d’où l’importance de légiférer dans ce sens. Mais je suis conviancu que, si nous voulons plus de (jeunes) femmes étudiantes en sciences « dures », il faut arrêter de réserver le « Petit chimiste » aux garçons (et le renommer « Petit(e) chimiste 😛 ), en plus de mettre en avant les figures féminines des sciences (il n’y a pas eu que Marie Curie).

Une journée inutile ?

La journée de la femme a au moins le mérite de permettre que l’on s’arrête pour parler de problèmes de notre société. Mais il ne faut pas oublier que l’égalité homme-femme reste un combat de tous les jours. Nous sommes certes différents, mais nous avons le droit aux mêmes aspirations, nous avons le droit de pouvoir choisir entre notre carrière professionnelle et notre vie personnelle/de famille, puisque les deux semblent incompatibles dans notre monde de fous furieux, et ce sans avoir à subir de regards ou commentaires réprobateurs. Mais il ne faut pas s’arrêter à ces discours qui, sinon, ne feront que sonner creux : il faut agir au quotidien, avec la portée que nous pouvons nous permettre, à notre niveau de citoyen(ne), de parents ou d’acteur/actrice de la vie publique.

cinéma et préjugés vestimentaires

Edit du 14 juin 2017 : Hormis l’image à la une, les illustrations de cet article ne sont pas ma propriété, cette dernière est indiquée en fin de légende ; en revanche, ces légendes et le reste du texte, sont de moi.

Le cinéma, cette vitrine de nos préjugés

Le cinéma et la publicité véhiculent une certaine image de la masculinité et de la féminité. Oh ! j’entends déjà fuser les épithètes : « Comment ?! Encore ! Mais il radotte le pauvre garçon ! » Sans doute. Mais le sentiment qui m’a envahi la semaine dernière méritait bien un petit article et l’épanchement de ma bile à propos du dernier film que j’ai vu au cinéma.

Lire la suite