Détecteur de pervers(es)

Un détecteur de persers(es) ?

Le bal des actions déplacées

Lundi, j’allais à un rendez-vous en kilt National grey, quand un gars, du genre jeune gouailleur, m’a lancé en s’époumonant :

T’es à poil ?

J’aurais bien voulu lui répondre Non, à plumes ! mais je ne l’ai même pas vu… sans doute était-il dans une voiture à l’arrêt ou à la fenêtre de son logement.

Samedi après-midi, alors que je sortais d’un restaurant avec Madame, une adolescente fondue dans un groupe auparavant assez bruyant m’a lancé de loin :

Elle : Hey ! beau gosse !
Moi : Merci !
Elle : Vous portez une culotte ?
Moi : Et toi ?
Elle : en tout cas, beau gosse!

Il s’en est suivi un propos que je n’ai pas bien compris, mais qui m’a semblé être un « compliment » à l’attention de mon arrière-train. Ce qui est sûr c’est que les intentions de cette adolescente n’étaient pas nécessairement sympathiques. Mais difficile de savoir vraiment s’il s’agissait réellement d’une moquerie ou pas.

Un conseil pour ces dames

Ces petits désagréments ne doivent pas faire oublier les regards plus ou moins appuyés et les photographies prises à la volée et publiée dans la foulée – quelle belle invention que le smartphone ! – sans demander le moindre consentement.

Je constate néanmoins que le kilt semble idéal pour lever les pervers(es). En effet, rien qu’à le voir, ils ne peuvent s’empêcher de s’émouvoir et de se faire remarquer. Comme si cette bande de tissu agissait sur eux comme un appeau sur une nuée de bécasses ou bien la muleta du torero sur le taureau. Sauf que dans mes deux exemples, il s’agit d’attirer sa victime par tromperie. Or, moi, je ne veux pas en être une, ni faire d’autrui la mienne. Mais comme à toute chose, malheur est bon :

Mesdames, vous qui voulez éviter ces sinistres individus, les mateurs et autres relous de tous poils, adoptez donc un homme en kilt ! Faites-le vous précéder de quelques pas : suffisamment pour avoir l’opportunité d’une manœuvre d’évitement de dernier moment mais pas trop non plus pour pouvoir entendre tous les avertissement. Vous serez ainsi assurée de vous promener sans être importunée à cause de votre beauté physique la bêtise et du sans-gêne de quelques malotrus peu éduqués.

En résumé :

pervers 1

Travesti ?

Le travesti ?

Et oui, un homme qui porte une jupe s’expose forcément à ce qualificatif honteux, ou se voulant comme tel. Mais plutôt que me répéter, voici l’article que j’ai publié sur le sujet dans le blog de l’association HeJ  :

 

un lien vers l'article HeJ
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Bonne lecture !

Apprendre à être un homme — Le blog d’un odieux connard

Parfois, l’homme doute. Et comme tout doute, celui-ci débute souvent par un petit rien. Ainsi, dès l’aube, l’homme ouvre les yeux. Et comme tous les matins, son radio réveil lui joue des marches militaires pour l’inciter à quitter le lit, ce qu’il fait, abandonnant derrière lui sa conquête dont il a déjà oublié le prénom […]

via Apprendre à être un homme — Le blog d’un odieux connard

Une fois n’est pas coutume, je vais partager le contenu d’un autre blog. Cette satire humoristique d’un un site me parait tout indiquée en ce 8 mars.

Une erreur de jugement

Qu’apporter de plus ? Rappeler que les mouvements décriant la féminisation de l’homme vont à l’encontre de l’idée progressiste d’égalité hommes-femmes.

Il est évident que pour que les femmes accèdent à plus de responsabilités, des hommes doivent s’effacer pour leur laisser une place. Il est logique que, si l’homme s’occupe plus des enfants et des tâches ménagères, la femme en fera moins (c’est le but). Mais voire cela comme un abaissement de l’homme, c’est affirmer que la femme est un être inférieur et donc doit se coltiner les tâches subalternes et ingrates.

Pour moi qui porte le kilt, tenue virile par excellence, c’est gênant. Car si la femme est inférieure, il n’y a pas loin à dire que ces vêtements sont infériorisant : la jupe permet un accès facile à ses organes reproducteurs ou entrave ses mouvements de fuite. Évidemment, ces exemples sont extrêmes puisque la femme y est tant infériorisée qu’elle en devient une proie sexuelle de l’homme. Mais, même si elle n’est pas affirmée, cette idée que  la jupe est indigne d’être portée par un homme reste ancrée dans les esprit et empêche la percée de ce vêtement dans notre vestiaire.

En jupe ou pas, l’homme doit se construire une nouvelle façon d’être et une nouvelle place dans la société pour permettre à la femme de devenir son égal. C’est une évidence ; le nier, c’est nier le progrès. Vouloir revenir « au temps d’avant« , c’est renoncer et choisir la voie de la paresse. Mais, si un homme doit tant aimer relever des défis, en voici un nouveau dont la réussite ne peut que le tirer vers le haut. Alors pourquoi renoncer sinon pour vouloir rester dans le confort d’une situation connue et maîtrisée ? Si, dans ce modèle, un homme se doit d’être entreprenant et conquérant, c’est donc indigne de lui que de s’attacher à ses vieilles « traditions », comme une moule à son bouchot.

Carreaux-Line

Les carreaux habillent vos mollets

Le mythe des deux arlésiennes

C’est une anecdote que j’ai déjà dû raconter ici, mais je ne me lasse jamais d’y repenser :

Nous étions sur le port piroguier de Maripasoula. C’était le matin et nous attendions que notre bateaux soit prêt pour descendre le grand fleuve Maroni. Devant nous, s’étalaient d’autres pirogues, vides. Puis c’était l’eau calme du fleuve et sa rive opposée, un petit village du Surinam.

Un amérindien nous accosta et commença à nous parler. Je n’ai jamais su s’il était déjà sous l’emprise de substances liquides altérant le jugement et l’inhibition et j’ai oublié la majorité de ce qu’il nous avait raconté. Mais il y a un passage dont je me souviens encore. Parlant de la force de l’homme se mit à plaquer la paume de ses deux mains contre un mollet dénudé, qu’il exhibait, le pied posé sur le banc d’une embarcation. Je me rappelle qu’il insista bien en répétant son propos et son geste, comme pour mieux le marquer.

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Élégance

Naturelle élégance

Un kilt à succès

Il faut croire que ce n’était pas Paris, mais le tartan qui fut à l’origine de tant de compliments. Il y a quelques semaine, j’avais mis le kilt Chevalier breton. Et je suis sorti faire des courses. En bas de l’immeuble, je croise un distributeur de pub, qui remarque ma tenue et me demande si je suis anglais et me complimente. Et d’un ! Lire la suite

Horreurs et discrédit

Des horreurs et leur discrédit : rétropédalage sur la condition de la femme

Il y a une semaine et demie, j’ai eu envie de lire le journal d’extrême droite Rivarol, pour voir un peu comment qu’c’était. Le lien avec le blog ? Une entrevue avec une jeune vlogeuse du nom de Virginie Vota. Dans le titre de l’article, tout est résumé :

Homme et Femme sont complémentaires, créés pour s’unir et se tirer mutuellement vers le haut.

On l’aura compris, la jeune femme n’est pas homophile pour un sou. Mais si l’accroche parait assez moderne dans son propos, en lisant mieux son discours, on voit une vison rétrograde de la relation entre hommes et femmes. C’est une position franchement assumée et qualifiée de traditionnelle. D’ailleurs la jeune femme se réclame également de la droite traditionnelle, comprendre la droite anti-républicaine, et même dans sa foi, la tradition est là. Lire la suite

Réflexions de printemps

Les 2 images illustrant cet article sont des portions de photos qui ne sont pas miennes. Je les retire sur simple demande.

Quelques réflexions apparues dernièrement

Le printemps est de retour. Si l’équinoxe n’est pas encore arrivée, les températures douces l’ont précédée. Et je suis bien content de retrouver mon néo-kilt bleu et ma veste en jean rouge. C’est un réel bonheur de pouvoir porter à nouveau ces habits légers. Mais il semble qu’une chose n’a pas changé : le regard des autres.

Rencontre du 3° type au jour le jour :

Personnellement, je n’y fais pas attention. De temps en temps, je remarque un regard un peu appuyé, marque d’un étonnement prolongé ou d’une curiosité mal maîtrisée. En fait, c’est ma compagne qui y est le plus sensible et qui les remarque. C’est étonnant, on dirait qu’elle vit la même expérience que moi à mes débuts. Se demander si ces rires que l’on entend dans son dos nous concernent ou pas, essayer de capter la réaction de ceux que l’on croise.

Pour être honnête, je ne m’habille pas pour les autres, mais pour moi. Oh ! bien sûr, il me faut respecter quelques règles élémentaires de pudeur, comme tout un chacun. Mais pour le reste, je tiens à être à l’aise avec ce que je porte plus que répondre à des canons de la mode, imposés par je ne sais quelle lubie de je ne sais quelle personne que l’on a voulue influente. J’ai déjà détaillé, ici et là, les absurdités que je vois dans la mode contemporaine : fausse pudeur, non respect du corps…

reflexion 1Certains pensent voir un hurluberlu se promener dans la rue… moi, je croise des abrutis qui ne se posent pas cinq minutes pour réfléchir à ce qu’ils portent : vêtements trop courts, type pêche aux moules, avec poutre apparente, veste trop étriquée qui donne l’impression qu’elle va bientôt craquer et, de loin mon préféré, jean troué. Avant, les vêtements troués, c’était la honte, le symbole de la pauvreté… mais l’ordre des choses aurait-il été renversé ? Quelle différence, sinon d’élégance, entre un jean troué aux genoux et la combinaison {bermuda + chaussettes montantes} ?

Cachez ces jambes que je ne saurais voir !

Mais il faut se rendre à l’évidence que la jupe, chez l’homme, n’est pas pour demain. Est-elle en perte de vitesse chez la femme, comme j’ai pu le lire ? Je ne sais pas. J’ai l’impression qu’elle revient, ou qu’elle résiste. Et c’est tant mieux, car plutôt que de cacher faussement notre corps, autant le montrer : préférez-vous les hypocrites ou les personnes franches ? Mon choix est fait depuis longtemps.

Peut-être est-ce une tare de la société, mais les critiques virulentes se font davantage voir que les défenses passionnées. On peut le voir dans les commentaires de cet article de l’Obs. Un choisi parmi d’autre :

Il faut une braguette devant…si je passe la journée avec le « 2 pièces cuisine » à l’air, je serai en érection toutes la journée….en fait , on cherche à rabaisser l’homme en guise d’égalité H/f, ce qui veux dire que l’on se trouve un cran au dessus…hi hi…

Rabaisser l’homme, le mot est dit ! Parce que la jupe est vue comme un vêtement rabaissant. Parce qu’elle est attachée à la femme dont le statut est inférieur. Il est pourtant évident que, pour obtenir une égalité hommes-femmes de fait, les hommes vont devoir lâcher du lest :

  • Pour obtenir la parité, si on ne crée pas de nouveaux postes, il faut forcément que des hommes abandonnent le leur au profit de femmes ;
  • Pour éviter le harcèlement de rue, les violences et les crimes sexuels, il va bien falloir que les hommes arrêtent de considérer la femme comme un être dont on peut disposer ;
  • Etc.

Don Quichotte et ses moulins

À présent, je me sens parfois las, j’ai envie de baisser les bras. Quand je vois des hommes baisser les bras, se retrancher derrière un « la société n’est pas prête« . Lorsque les femmes ont demandé plus de droits, la société n’était pas prête à les leur accorder. Cela n’a pas empêché certaines de se battre et elles ont fini par triompher. Je suis las de ces gens qui s’attachent à un statut suranné qu’il faut changer. Je suis las de publier dans le vide. Vous qui passez et qui me lisez, vous ne laissez que rarement un commentaire. Ce n’est pas encourageant, ce n’est pas stimulant. Je n’ai pas besoin de ce blog pour vivre, je le fais pour vous autres, pour partager mes pensées. Mais où est le partage si vous prenez sans donner ? Où est le débat s’il n’y a pas de contradiction ? Je ne vais pas payer un abonnement pour discuter sur l’article d’un journal, je n’ai pas les moyens de me permettre ce luxe ! et quand bien même serait-ce profitable ? Profitez-en, ici, c’est gratuit ! À bon lecteur…

 

Ternes habits

Le terne vestiaire masculin

J’ai entendu dans un récent documentaire, consacré aux trois villes que sont Amsterdam, Londres et New York, une explication concernant les ternes tenues masculines. Au XIX° siècle, la capitale britannique était régulièrement envahie par le smog. Le responsable ? le charbon, ou plutôt sa combustion par un peu tout le monde, industriels, transports comme particuliers. Ce mélange de brouillard et de fumée, en plus d’être toxique, était salissant. Ainsi, les vêtements des hommes seraient-ils devenus sombres pour cacher ces salissures : en effet des traces de suie sont moins visibles sur un tissu noir que sur du rouge ! Or notre mode est directement héritée de celle de la bourgeoisie, qui prit un réel ascendant durant la révolution industrielle, laquelle fut exportée depuis la Grande-Bretagne.

CQFD ? Pas sûr…

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Enfer et jupe

L’Enfer est-il pavé de bon tartan ?

Il y a un an j’avais vu une vidéo quelque peu dérangeante. Elle s’ouvre sur une scène de film dans laquelle un père casse les illusions de son jeune fils, avant de lui dire de ne pas se laisser briser ses aspirations ainsi. Bien, bien bien… Pédagogie de garçon de bain bien surprenante, mais passons. Puis nous avons droit à Jaden Smith avec ses tenues excentriques s’apparentant à des robes ou jupes.

Ah ben oui ! c’est bien, ça ! le petit Smith se démarque, il suit sa propre v… Et paf ! Deutéronome 22:5 dans ta face :

Une femme ne portera point un habillement d’homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel, ton Dieu.

Et là, je ne comprends plus très bien. Quel est le lien entre cette charge contre Jaden Smith et la vidéo de ce gamin rêvant d’être un grand joueur de basket, auquel papounet, après un discours bien déconcertant lui dit de n’écouter personne lui dicter sa conduite ? La mauvaise éducation ?

Mais pas le temps de m’appesantir en divagations mystico-religio-pédagogiques, qu’un extrait de l’Épître au Corinthiens nous saute au visage comme un Pitbull mal dressé réclamant son quatre heures (et il s’accroche aux yeux de la même façon) :

Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu.

Épître au Cotinthiens 6:9-10

Le message de cette vidéo pour les porteurs de jupe est donc claire : nous sommes des efféminés et nous finirons en Enfer !

Pour-quoi pas… On sous-entend donc que la jupe et la robe sont des vêtements de femmes. Car si je les porte alors je m’effémine (et Jaden Smith aussi, le vilain !). Bon mais si la jupe est un vêtement de femme, alors le pantalon est un vêtement d’homme (non ?) et donc les femmes portant le pantalon se masculinisent. Or d’après, le Deutéronome 22:5, c’est mal ! Aussi mal même ! Alors les femmes portant le pantalon iront aussi en Enfer  ! Et du coup, depuis les années 60, elles doivent être rares à hériter au royaume de Dieu… ça doit bien simplifier le boulot de l’office notarial en charge de la succession, ça !

Comme beaucoup de femmes, ma compagne porte souvent le pantalon ; elle trouve cela plus pratique et judicieux au boulot. La malheureuse ! elle succombe à des contingences bassement matérielles et éphémères, renonçant à la félicité pour l’éternité ! Mais moi, ma compagne, je l’aime quand même et je ne veux pas que la mort nous sépare (la vie est tellement courte et l’éternité tellement… éternelle). Alors je préfère la suivre en Enfer pour restez avec elle le plus longtemps possible. Et parce que l’Amour est plus fort que tout, je suis sûr que nous surmonterons cette épreuve, qui ne sera qu’une de plus ! Voilà, je continuerai donc à porter la jupe et à renoncer, moi aussi, à la félicité pour l’éternité, au profit de contingences bassement matérielles et éphémères.

Mais vous savez le plus drôle ? À l’époque durant laquelle ce texte a été écrit, entre le VIII° siècle avant notre ère et le I° siècle de celle-ci, les croyants mâles portaient des tuniques ! La distinction entre vêtements d’homme et vêtement de femme était donc autre. Alors oui, la mode a évolué depuis, et l’auteur de la vidéo le fait bien savoir, en commentaire. Mais si elle a évolué, qui nous dit qu’elle va s’arrêter en si bon chemin ? Et quid de ces religieux qui ont porté et –  portent encore parfois – la soutane ? ne sont-ils pas en… robe ?! Dieu permettrait-il que seuls les intermédiaires avec ses fidèles se travestissent ?

En fait, le Deutéronome m’interdit juste de mettre des vêtements de femme. Pas de bol, le kilt est un vêtement d’homme. Pas de bol encore, mes jupes sont taillées pour les hommes. Pas de bol donc car je ne mets que des vêtements d’homme ! Et re pas-de-bol-donc, car ma compagne ne met que des vêtements du rayon femme ! Nous sommes donc sauvés ! (ouf ! j’ai eu une belle suée, quand même) Par contre, vous mesdames, qui piquez la chemise de votre homme, vous allez avoir des problèmes… vous allez avoir de gros problèmes !

Mais bon, rassurons nous, car comme aurait dit ce bon viel Arnaud Amalric en 1209 : « Novit enim Dominus qui sunt eius. » Enfin, encore faut-il y croire !