Carreaux-Line

Les carreaux habillent vos mollets

Le mythe des deux arlésiennes

C’est une anecdote que j’ai déjà dû raconter ici, mais je ne me lasse jamais d’y repenser :

Nous étions sur le port piroguier de Maripasoula. C’était le matin et nous attendions que notre bateaux soit prêt pour descendre le grand fleuve Maroni. Devant nous, s’étalaient d’autres pirogues, vides. Puis c’était l’eau calme du fleuve et sa rive opposée, un petit village du Surinam.

Un amérindien nous accosta et commença à nous parler. Je n’ai jamais su s’il était déjà sous l’emprise de substances liquides altérant le jugement et l’inhibition et j’ai oublié la majorité de ce qu’il nous avait raconté. Mais il y a un passage dont je me souviens encore. Parlant de la force de l’homme se mit à plaquer la paume de ses deux mains contre un mollet dénudé, qu’il exhibait, le pied posé sur le banc d’une embarcation. Je me rappelle qu’il insista bien en répétant son propos et son geste, comme pour mieux le marquer.

Force est de constater que, dans notre civilisation occidentale, le corps de l’homme est tabou. La bas plus que le haut. Rares sont en effet les opportunités que nous, les hommes, avons de dénuder nos gambettes en public. Qu’ont-elles de plus ou de moins que celles des femmes ? Pourquoi ces dernières peuvent-elles être montrées et pas les nôtres ?

Les jambes seraient-elles, comme les larmes, un attribut de la femme ? Une partie de son corps à laquelle l’homme doive renoncer uniquement parce qu’il est homme ? Non ! Tout comme un homme à le droit de pleurer de tristesse, de rage ou de douleur (etc.), un homme doit pouvoir montrer ses jambes s’il en a envie ou besoin. À moins que cet amérindien fût dans vrai et que planquer ces mollets soit une forme de politesse vis-à-vis du concurrent qui pourrait en avoir de moins musclés…

L’art de montrer tout, tout en ne montrant rien 😛

Lorsque l’on veut porter une jupe courte en automne ou en hiver, le froid peut être un frein ou, au mieux, une gène. Les écossais ont astucieusement résolu le problème en portant des bas. Leur avantage, c’est qu’il couvre le mollet, donc le cache, tout en affichant nettement ses contours ! Mieux que tout montrer en voulant cacher, ils peuvent sublimer cette partie de notre anatomie, parce qu’ils révèle sa forme et que leur partie supérieure est repliée.

Dès lors, la question suivante se pose : pourquoi ne pas attirer l’œil sur cet endroit particulier ? Déjà, peut être que ça évitera aux curieux/ses de s’attarder sur la jupe. Ensuite, rien que de plus logique. Les femmes disposent de collants voire de bas à motifs, alors pourquoi n’en aurions nous pas ? Elles nous piquent bien nos chemises ou que sais-je encore ! Et voilà également un beau pied de nez à cette pudibonderie qui voudrait que nos jambes soient dissimulées sous du tissu et ainsi rendu invisibles et informes !

chaussettes 1
Les deux paires de chaussettes à carreaux que je possède.

Alors, ce week-end, j’ai opté pour des chaussettes d’équitation à motifs écossais. Elles ne sont pas très chères et sont facilement disponibles en France. Par rapport à de vrai bas pour kilt, elles sont très compétitives. De plus, même s’il est possible de mélanger les styles, je trouve qu’elles accompagnent mieux un kilt moderne comme mon néo-kilt Hiatus. Enfin, comme le kilt comporte déjà des motifs, il peut être difficile d’accorder ses deux éléments ensemble. Ainsi pour des raisons, autant d’esthétiques que de logique dans la démarche (attirer le regard sur les mollets), j’ai choisi exclusivement d’autres pièces unies et dans la même couleur que le fond des chaussettes. Cela permet de fondre ces dernières dans l’ensemble vestimentaire, tout en en faisant la pièce maîtresse de la tenue. Du reste, comme je l’ai mentionné, introduire d’autres pièces colorées, voire à motif, reviendrait à ajouter une difficulté : celle de devoir tout coordonner.

carreaux 1
Du bleu pour les habits et du noir pour les « cuirs » : rien que du sobre pour accompagner les chaussettes colorées.

Il n’est qu’à regretter qu’il n’existe pas d’autres modèles… Car le motif « écossais » reste assez sage et convenu ; on peut donc imaginer des choses plus « fantaisiste », comme cela peut exister sur nos traditionnelles chaussettes. Mais trouver des mi-bas reste, en soi, une quête initiatique assez ardu.

Et vous, avez-vous déjà tenté des choses un peu plus excentriques pour attirer l’œil ailleurs que sur la jupe ?

Pour satisfaire à une demande notifiée en commentaires, voici quelques photographies, dont une inédite :

2 réflexions au sujet de « Carreaux-Line »

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