Real men wear skirts

Eh oui ! Vendredi il faisait beau, pas trop frais, bref un temps à kilt. Je suis donc allé faire mes courses avec mon kilt National Breton que je portais avec mon battle dress bleu marine. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que… ce temps radieux à fait sortir quelques cons. Oh ! pas beaucoup, rassurez-vouz ! mais suffisemment pour qu’il y en ait deux sur mon chemin.

Je passe devant deux enfants. Au bout d’une dizaine de mètres, j’entends qu’on se moque et je réponds par un signe de la main, bien senti. Une insulte, hypothèse fallacieuse concernant mon orientation sexuelle, fuse. Je me retourne pour contre-attaquer : les mômes étaient courageusement planqués derrière un poteau en béton de ligne électrique ! Évidemment, ça nie en bloque, ça trouve une excuse de derrière les fagots, ça clame de nouveau son innocence… J’ai bien cru que la tête de Maman allait tomber, à moins que Dieu ne soit lui même invoqué comme témoin ! Bref, j’aurais pu faire preuve de pédagogie, de discernement, de… Oh ! Et puis zut ! J’ai le droit d’être agacé par la mauvaise foi matinée de couardise. Screugneugneu !

Une fois ma colère épanchée contre cette incivilité, je poursuis mon chemin : le garde-manger ne se remplira pas tout seul. Et puis je pense qu’ils ont compris qu’on insulte pas les gens comme ça, à l’emporte-pièce, sans s’exposer à leur vindict. Un déménageur sors d’une maison, effectuant quelques petits pas de danse (dixit ma vision périphérique). Alors que j’ai fait quelques mètres, j’entends de nouveau dans mon dos (je devrais porter un masque derrière la tête, comme ces paysans indiens qui sont attaqués par des tigres et que j’ai vus à la télé, l’année dernière) :

 Watwatwatwat ? ( Ah non ! c’était : « What, what, what, what ? » Foutu French accent !) Eh ! on est à *******, là !

J’ai préféré ne pas relever ; de toute façon, je n’avais pas envie de discuter. Et puis quand c’est dit dans le dos, bizarrement, ça prend tout de suite une autre saveur… dont je goûte bien peu.


Ai-je bien fait ? Parce qu’après tout, en discutant, on arrive parfois à imposer des idées, à les faire accepter. Peut-être que ces gamins, même si je vis dans un endroit où la population est assez favorisée, ne connaiss(ai)ent pas le kilt. Peut-être ce jeune déménageur aurait-il compris que le kilt est maintenant international, même si peu répandu.
D’un autre côté, peut-on accepter d’être moqué ou insulté ? N’a-t-on pas le droit d’être énervé(e) par un comportement peu franc ? De ne pas avoir envie de faire autrement que de répondre à cette violence, par une autre violence, de montrer qu’on ne se laisse pas faire ? Ou tout simplement de ne pas considérer ceux qui ne parlent pas en face, comme des interlocuteurs valables (il y en aura donc bien peu sur notre chemin).
Faire fi de la moquerie, c’est montrer tout le désintérêt que l’on porte à l’offense… mais, en général, les offenseurs préfèrent y voir son acceptation. Et c’est bien la dernière chose que nous devons faire : accepter.

So ! Next time, I’ll probably answer : « Real men wear skirts ! »

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