L’égalité par la jupe

Liberté et égalité sont deux mots faisant partie de la devise de notre république, avec fraternité. Ils ornent le fronton de nos mairies et devraient être frappés dans le coeur de quiconque vit en France. Mais ce sont aussi deux mots qui vont bien avec la jupe. Quant au troisième, il ne tient qu’à nous de l’y associer.

La liberté :

Porter la jupe c’est se sentir libre, libre de ses mouvements, libre de son corps. Bon, je suis d’accord, j’admets que la jupe crayon fait un peu obstacle à cela ; mais je la vois mal portée par un homme. Dans un kilt, on peut marcher, courir, s’accroupir – bonjour souplesse ou lumbago – etc. Des vêtements lui ressemblant ont longtemps habillé nos paysans, nos soldats et nos puissants !

La jupe c’est également avoir le choix. Je cache mes mollets musclés ou je les montre pour que tout le monde n’ait d’yeux que pour eux ? Je me contrains dans un de ses pantalons serrés que la mode nous impose ou je laisse mon corps prendre ses aises dans un vêtement spacieux ? Je choisis l’originalité ou la platitude ? Je me différencie ou je me fonds dans le carcan de ce moule qui me convient de moins en moins ?

Mais il faut relativiser. Car il existe des endroits où la jupe est une contrainte parce qu’imposée à la femme. Il existe des endroits où la jupe est un danger parce qu’associée à une prétendue liberté de moeurs, quand ce n’est pas une disponibilité sexuelle.

L’égalité :

Les femmes ont longtemps été considérées comme des êtres inférieures. Petit-à-petit, elles conquierent droit sur droit pour prendre la place qui leur revient de droit : à côté de l’homme (et non à deux pas derrière lui). Et parmi ces droits, figure celui de porter le pantalon ! Et pourquoi l’homme ne l’a pas abandonné ? Sans doute parce que le pantalon est devenu le symbole du pouvoir (ne dit-on pas « porter la culotte » pour désigner celui, ou celle, qui commande dans le couple ?) et que ça ne s’abandonne pas si facilement que ça.

Et puis, c’est pratique un pantalon dans certaines situations : faire du cheval, du vélo, éviter les tiques, travailler perché(e) et dans pleins d’autres métiers. C’est sûr, on ne va pas abandonner nos droits pour nous rapprocher des femmes parce, plus on en a, mieux on se porte et qu’un « nivellement » par le haut est toujours préférable, d’autant que c’est le sens qu’a choisi notre société pour avancer… – quoique si on égalisait les salaires par le bas, est-ce que ça ne serait pas mieux pour baisser le coût du travail ? – mais on peut, nous aussi, en conquérir un : celui de porter la jupe quand et comme on le souhaite.

Car, oui, porter une jupe est sans doute le seul droit exclussif des femmes dans notre société. Encore que ce droit n’est pas forcément reconnu comme tel, même dans nos pays où les femmes ont un statut, perfectible certes, mais enviable ou et surtout dans d’autres où la jupe est encore une contrainte qu’on leur impose.

Et la Fraternité ?

Si la jupe perd sa genration, comme le pantalon, cela n’empêchera pas les cons de se moquer. Cela n’empèchera pas les pervers de matter les gambettes et d’imaginer comment qu’c’est ti quand on r’monte sous l’tissus. Cela n’empêchera pas non plus les plus malsains d’entre nous de commettre l’irréparable en donnant vie à leurs fantasmes (qui brisent celle des autres, parfois pas que dans la tête).

C’est vrai. Mais nous y gagnerons sans doute en respect et en égalité. Parce que, même si les vêtements ne seront pas taillés de la même façon – parce que nos corps resteront différents – la jupe ne sera plus l’instrument servant à désigner le « sexe faible » (cf les pictogramme aux WC), puisque aussi dégenré que le pantalon. La jupe gardera sans doute un côté sexuel, mais on ne peut pas lutter contre tout.

On pourra toujours prétendre qu’un homme est en jupe parce qu’il veut séduire, mais dira-t-on aussi facilement de cet homme en jupe qu’il veut baiser ? Verra-t-on quelque pervers(e) le pousser dans un coin sombre pour soulager une pulsion ? Cela pourra être justement un levier pour justement enlever ce préjuger sur les femmes qui découvrent leurs jambes, parce que c’est plus agréable quand il fait chaud, parce qu’elles en avaient envie ce jour là parce que, parce que… pour plein de raisons mais pas pour exprimer une disponiblité sexuelle (sauf exceptions infiniment rare).

Les valeurs de la République par la jupe

Porter la jupe, au masculin et au féminin, permettra donc d’aplanir nos différences. C’est sûr, ce n’est pas forcément cela qui changera les mentalités des indélicats, pensant encore que la femme n’est pas l’égale de l’homme. Ces idées ont eu pignon sur rue dans nombre de civilisations et depuis des siècles : on ne peut les balayer en quelques années. Mais que l’homme fasse un pas vers la femme, abandonnant le monopole du pantalon sur sa garde-robe, sera un signe fort de renonciation à l’exclusivité du pouvoir, un geste signifiant qu’il reconnait l’égalité de sa prochaine sur lui.

Oui, il y aura des irréductibles, des gens pour freiner des quatre fers, voire même de cinq (ça doit faire mal, quand-même !) ! Que faire contre ces gens-là ? Malheureusement pour les imbéciles les plus récaciltrants, il n’y a que les solutions extrêmes : ignorance crasse, actions en justice au besoin, camps de rééducation et autres joyeusetés totalitaristes. Continuer notre chemin vers l’égalité en les laissant persiffler et vitupérer, combattre leurs discours obscurantistes par nos actes : justice quand c’est nécessaire, boycott citoyen etc.


Le jupe a longtemps été le vêtement des hommes et des femmes. Elle n’a jamais empêcher les uns d’être maccho, d’être des combattants valeureux, des politiques habiles… ou simplement des gens ordinaires. La caste dominante l’a abandonnée pour mieux stigmatiser le sexe « opposé » (il y a une notion malsaine dans cette expression) et dominé. Les luttes actuelles autour de la théorie du genre, remette ce fait sur la table : doit-on aller jusqu’à attribuer à l’homme un vêtement, le pantalon, et à la femme un autre, la jupe ? Doit-on réellement différencier homme et femme autrement que par les différences morphologiques que la nature nous a attribuées ?
Longtemps hommes et femmes ont eu des rôles différents. De nos jours, nous tendons à dépasser ces frontières, à faire que chacun peut accomplir les tâches autrefois attribuées à l’autres. Si l’on veut abolir toutes les différences hommes-femmes ont se doit donc d’abolir la plus symbolique. Mais pourquoi se priver d’un vêtement confortable et pratique (dans certaines circonstances car c’est aussi le cas du pantalon dans d’autres) ? Alors plutôt que de laisser les femmes abandonner la jupe, refaisons-en le vêtement de la majorité, qu’elle fut.

Honni soit qui mal y pense !

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